BIO

"On regarde passer l'ordre sonore. On entend les secondes remonter dans la clepsydre, les instruments se briser en une ligne imprévisible. Dans le temps, hors du temps. La vie s'est figée là, l'explosion est doucement éternelle" 

Extrait du texte de Mathias Enard écrit pour l'exposition de Nicolas d'Olce "Fil conducteur" à la Galerie Scrawitch, Paris

The concept of epicenter is a focal point in the work of Nicolas d’Olce. The epicenter is a generator of projectiles whose forms become imaginary vestiges, the memory of an explosion created from scratch, an artistic paradox between the fear of destruction and the excitement of a construction. In the center of his studio, debris are dispersed like the only remaining objects of an explosion.They are the vectors of a constant tension, and can be viewed as consequences of an accident. Plaster, wood, charcoal, plexiglass and gum, Nicolas d´Olce makes use of different materials in a vast project where time marks the existence of the material. Everything seems eroded and degraded in a graphic sublimation where each line, each point, each sparkle accumulated on the forms creates an abstract typography engraved in the mass. Blackness absorbs, it captures us in many ways. On the plexiglass "La trame du monde", it is spatial and icy. In its petroleum thickness, its circularity and the traces of the electric machines have drawn the gigantic plan of an infinitely small network: a succession of brutal and surgical incisions in a digital blue.

 

Nicolas D’Olce produced this mapping like an oversized, almost digital screen. We feel a saturation, even a rupture; the obvious mark of his collaboration with scientists from INSERM, the same institution for which he worked on a triptych with the fantastic journey of a nano-metric particle in the immensity of a brain in chaos. Nicolas’s work is not about painting anymore, which would explain why his practice developed into crafting, thus giving himself the opportunity to open up new fields of experimentation. On the occasion of a monumental piece in etched glass for the Guerlain house, Nicolas worked in the workshops of master glassmaker Bernard Pictet and more recently with the ceramicist Jean-Marie Foubert at the Tuilerie de Treigny to create a sculpture for the exterior, at the request of a collector.

 

In the continuity of his investigations and its incessant transformations, Nicolas d´Olce deploys his work in the double field of abstraction and formalism. Thus, in the series of tables entitled "Leak" and "Zone", it is the color that becomes the center of an event. It spreads out in immense floating and monochrome sails in printing then transferring techniques developed by the artist. Moreover, he confesses his admiration for Color field painting and a certain attraction for minimalism. But there, in front of these plasticised works, made of glass microfibres and acrylic resin, inks and pigments projected in plaster, we are far from appeasement. For some, their texture is slippery and translucent; we come across fibre siphons through which the gaze finds an escape. On other pieces, conceived as burnt territories, we breathe, beyond their borders, the smell of carbon, acids and sulfur. These blocks of matter are suspended; frozen dermis or chemical armor, they lead back to the excesses of our world ...

Jimi Hendrix

Né le 28 août 1962 à Draguignan

Diplômé de Penninghen

 

Le sujet de l’épicentre est un point névralgique dans le travail de Nicolas d'Olce. 

L’épicentre est un générateur de projectiles dont les formes retravaillées deviennent des  vestiges imaginaires, la mémoire d’une déflagration créé de toutes pièces, un paradoxe artistique entre la crainte d’une destruction et l’excitation d’une construction édifiée sur de mystérieux morceaux.

Au centre de son atelier, des débris posés comme des objets sont ce quelque chose qui reste. Ils portent une tension constante et sont des accidents pris dans la chair de la matière.

Plâtre, bois, charbon, plexiglas et gomme, Nicolas d’Olce cumule les mediums dans un vaste projet où le temps finit par donner une existence au matériau. Tout semble érodé et dégradé en une sublimation graphique où chaque ligne, chaque point, chaque éclat accumulé sur les formes crée une typographie abstraite gravée dans la masse.

 

Le noir absorbe, il nous capte. Sur les panneaux de plexiglas de l’installation « La trame du monde », il est spatial et glacé. Dans son épaisseur pétrolifère la scie circulaire et les mèches des machines électriques ont dessiné le plan gigantesque d’un réseau infiniment petit : une succession d’incisions brutales et chirurgicales d’un bleu numérique. Nicolas d’Olce a réalisé cette cartographie comme un écran surdimensionné, presque digital. On y sent une saturation, voire une rupture ; la marque évidente de sa collaboration avec des scientifiques de l’INSERM, cette même institution pour laquelle il a réalisé sur un triptyque le parcours fantastique d’une particule nanométrique dans l’immensité d’un cerveau en plein chaos.

Il n'est peut-être plus question de peinture... ce qui expliquerait qu'il ait développé progressivement son travail avec des artisans d'exception, se donnant ainsi l'opportunité de s'ouvrir de nouveaux champs d'expérimentations.

A l'occasion de la réalisation d'une oeuvre monumentale en verre gravé pour la maison Guerlain, il a travaillé dans les ateliers du maître verrier Bernard Pictet et plus récemment avec le céramiste Jean-Marie Foubert à la Tuilerie de Treigny pour créer une oeuvre d'extérieur, à la demande d'un collectionneur.

 

Dans la continuité de ses investigations de la matière et de ses incessantes transformations, Nicolas d’Olce déploie son travail dans le double champ de l’abstraction et du formalisme.

Ainsi, dans les séries de tableaux intitulées "Fuite" et "Zone", c’est la couleur qui devient le centre d’un événement. Elle se répand en d’immenses voiles flottants et monochromes grâce à un principe artisanal d’impression puis de transfert élaboré par l’artiste. D’ailleurs il admet avoir une admiration pour le Color field painting et une attirance pour le minimalisme. Mais là, devant ces œuvres plastifiées, faites de microfibres de verre et de résine acrylique, d’encres et de pigments projetés dans du plâtre, on est loin de l’apaisement. Pour certaines, leur texture est glissante et translucide ; on y croise des siphons fibrés dans lesquels le regard s’enfuit. Pour d'autres, conçues comme des territoires brûlés, on y respire, au-delà de leurs frontières, l'odeur du carbone, des acides et du souffre.

Ces étendues de matières sont suspendues; dermes figés ou cuirasses chimiques, elles nous renvoient aux dérives de notre monde...

Jimi Hendrix

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